Orientaliste, Alexandre Roubtzoff l’a été certes, mais de la plus belle des manières : celle où respect et humilité se conjuguent pour donner des œuvres profondément humaines.

« Sauver de l’oubli les vieilles modes de l’Orient qui sont vraiment belles. » C’est ce vœu qu’il confesse au détour d’une des pages de son journal et qui animera toute sa production. Point de surenchère formelle ou bien d’adhésion à une quelconque mode, mais l’expérience d’un homme ému devant la réalité qui s’offre à lui. Chez lui, et c’est ce qui fait sa force, le besoin de témoigner ne l’a ainsi jamais emporté sur l’émotion.
 


Inauguration de la Galerie Alexandre Roubtzoff a La Marsa,
le 27 Novembre 2014 a 17h30

Aujourd'hui l'artiste bénéficie du regain d'intérêt pour l'Orientalisme qui a contribué, depuis plusieurs années maintenant, à placer sur le devant de la scène des personnalités fort attachantes et injustement négligées par l'Histoire.

 

"Et cependant, est-il à Tunis artiste plus travailleur, plus fécond, plus constamment envouté du désir de peindre, qu'Alexandre Roubtzoff ?
Et plus désintéressé. Sa bonne humeur constante,
son sourire mystérieux, son urbanité et sa courtoisie,
lui ont conquis droit de cité dans tous les milieux."

Alexandre Fichet, 1937

 

Mais ne serait-il pas abusif de voir uniquement en lui un orientaliste , un peintre de la lumière et des effets chromatiques tant loué par les critiques ? Certes, c'est à l'Orient que nous devons certainement le meilleur de son oeuvre, mais Paris ou Venise ne sont-ils pas aussi ses sujets de prédilection ? Sa redécouverte obéit en fait à des motifs plus profonds. Il est devenu inconcevable à notre époque de pouvoir se contenter d'une histoire de l'art réduite à quelques grands noms, a fortiori quand il s'agit d'une période aussi riche que la première moitié du XXe siècle.


"Quatre-vingt-dix pour cent des artistes sont oubliés dix minutes après leur mort". Cette remarque ne peut guère convenir audestin post mortem d'Alexandre Roubtzoff. Quelques mois seulement après son décès, ses oeuvres vont figurer au Salon Tunisien de 1950. L'hommage se renouvellera en 1951 et 1952. Au cours de cette même année 1952, un prix Alexandre Roubtzoff est institué. Enfin 1951 a vu la parution du premier ouvrage monographique consacré à l'artiste, écrit par son ami Pierre Dumas. Tous ces faits sont autant de signes de la popularité et de la forte empreinte laissée par le peintre sur le milieu artistique tunisien. Plus que sa peinture, c'est peut-être avant tout sa personnalité attachante et ses qualités humaines que tous semblent louer.


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